Tendinopathie achilléenne : La douleur au tendon d’Achille

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Les blessures au tendon d’Achille sont fréquentes chez les athlètes. Les études démontrent que les coureurs sont 10 fois plus à risque de développer une tendinopathie achilléenne que la population en général. On sait également que les sports de raquette, l’athlétisme, le volleyball et le soccer mettent particulièrement à risque les athlètes de développer des problèmes au tendon d’Achille.

Par contre, les personnes sédentaires sont également susceptibles de développer une tendinopathie achilléenne : environ le tiers des cas recensés n’est pas associé à la pratique d’un sport. Le plus souvent, les blessures surviennent quand on en fait trop longtemps, trop rapidement et/ou trop intensément.

Faisons ensemble la lumière sur cette condition fréquente et potentiellement très incapacitante : la tendinopathie achilléenne.

En quoi consiste une tendinopathie achilléenne?

La condition se caractérise par une douleur au tendon d’Achille et peut également être ressentie à l’arrière du talon, au niveau de l’insertion du tendon. Typiquement, les symptômes se présentent au début puis à la fin d’un effort physique, avec une diminution de la perception de la douleur pendant l’activité. Avec le temps, la douleur au tendon d’Achille sera ressentie plus constamment pendant l’activité physique et pourra même nuire aux activités de la vie quotidienne. Dans la phase initiale de la condition, on peut observer une enflure au niveau du tendon qui peut même s’accompagner de crépitements (sensation de petits craquements). Par la suite, on observe normalement une diminution de l’enflure qui laisse place à un nodule palpable et douloureux dans le tendon.

Les causes de la tendinopathie achilléenne

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’apparition d’une douleur au tendon d’Achille. Ils peuvent être divisés en deux catégories principales :

Facteurs extrinsèques :

  • Changement radical dans le patron d’entraînement
  • Mauvaise technique d’entraînement
  • Antécédents de blessure
  • Chaussure mal adaptée à l’activité pratiquée
  • Entraînement sur surface dure, inégale ou glissante

Facteurs intrinsèques :

  • Mauvaise vascularisation (diabète, hypertension, tabagisme, hypercholestérolémie, obésité)
  • Âge avancé
  • Pied plat ou pied creux
  • Instabilité de la cheville
  • Différence dans la longueur des jambes

Comment traiter une tendinopathie achilléenne?

Dans tous les cas, plus le problème est pris en charge rapidement, plus il sera facile de le régler. Il est primordial de consulter dès la première apparition des symptômes et ne pas attendre, pensant que « le problème va se régler de soi-même ». Différentes options s’offrent alors à vous : le médecin, le physiothérapeute, le chiropraticien. S’agit de consulter celui en qui vous avez confiance!

Au fait, la décision vous revient. Mais plus on attend, plus on a mal, plus c’est compliqué à régler et plus cher on paye pour se faire traiter…

Voyons donc nos principales recommandations lorsque l’on souffre d’une tendinopathie achiléenne :

1. Ajuster l’entraînement

Première des choses : revoir la fréquence, la durée et l’intensité des entraînements. Pour se faire, on peut limiter les intervalles, la vitesse, la montée de côtes ainsi que les sauts. Si l’activité en cause continue de provoquer les symptômes, on se devra alors de considérer le « cross training ». Ça consiste simplement à trouver un entraînement différent qui nous permettra de garder une certaine forme physique sans entretenir la tendinopathie (par exemple, remplacer la course par la natation, ou même l’aqua-jogging!).

2. Repos relatif

ATTENTION : Un repos complet de toute activité pourra être nuisible à la récupération. Sans tout arrêter, on veut plutôt réduire l’intensité et la durée des activités pouvant reproduire la douleur. Ceci s’applique autant à l’entraînement que dans vos activités de la vie quotidienne (incluant le ménage et le pelletage!).

3. Analyse de la technique de course

Si votre douleur est ressentie lors de la course, une analyse par vidéo de la technique de course peut être effectuée afin de découvrir les défauts biomécaniques et ainsi y amener les correctifs nécessaires.

4. Appliquer de la glace

L’application de glace est presque toujours efficace lors d’un problème inflammatoire ou douloureux. Elle doit être tenue une quinzaine de minutes, 3x/jour, espacée d’au moins une heure. La glace sera surtout efficace lors de la phase initiale de la condition (dans les premières semaines suivant l’apparition de la douleur), alors que l’inflammation est plus présente.

5. Faire des étirements

En exécutant les deux exercices suivants, on peut améliorer la souplesse de la chaîne musculaire postérieure du mollet.

Il faut toutefois faire attention avec ces exercices : ils peuvent augmenter la douleur ressentie au niveau du talon! Si c’est le cas, on conseille d’utiliser le rouleau-mousse. Le « foam roller » est un rouleau utilisé dans l’objectif de diminuer les tensions musculaires. Il doit être utilisé doucement au niveau du mollet (et non au tendon!) sans causer de douleur supplémentaire.

6. La thérapie musculaire

La thérapie effectuée au niveau de la musculature du mollet a plusieurs avantages dans un cas de tendinopathie achilléenne. D’une part, elle permet la sécrétion de molécules au niveau cellulaire favorisant la guérison du tendon. De plus, la thérapie musculaire favorise une meilleure élasticité des tissus ce qui diminue le stress et la tension pouvant endommager la jonction entre le muscle et son tendon.

L’Active Release Techniques et le Graston Technique (IASTM) sont deux approches utilisées en chiropratique du sport permettant de traiter l’aspect musculaire. Elles seront très utiles dans la prise en charge des patients souffrant de douleur au tendon d’Achille.

7. Considérer le port d’orthèse

Dans certaines conditions, les défauts de structure au niveau du pied et de la cheville sont trop importants et entretiendront les symptômes de tendinite achilléenne. Le rôle des orthèses plantaires est d’éviter les mouvements excessifs de l’arrière-pied en le stabilisant davantage. Elles pourront également corriger un pied plat, un pied creux ou un déviation de l’avant-pied. Le podiatre est alors le professionnel le plus qualifié pour évaluer et prescrire l’orthèse plantaire en cas de besoin. Vous en trouverez de très bons ici.

8. Faire du renforcement excentrique

Le protocole d’Alfredson (renforcement excentrique du mollet) a pour but d’améliorer la résistance des tissus musculaires et tendineux et de le rendre apte à supporter des contraintes de plus en plus importantes. Il sera utilisé pour les cas de tendinoses, autrement dit lorsqu’il n’y aura pas de phase inflammatoire active. Le but sera d’améliorer la résistance tendineuse et de rétablir l’alignement des fibres de collagène dans le tendon.

9. La thérapie par ondes de choc radiales

Finalement, nous offrons à la clinique la thérapie par ondes de choc radiales qui est une alternative pour traiter la tendinopathie achilléenne lorsque celle-ci se chronicise et qu’elle résiste à toutes les solutions proposées dans cet article.

Le principe de cette approche est de recréer un processus inflammatoire pour en guider la guérison par la suite. Les protocoles incluent également un programme d’exercices à effectuer à la maison pour assurer une récupération optimale. Pour un peu plus de détails, référez-vous à ce lien.

10. Consulter un chiropraticien du sport

La prise en charge en chiropratique du sport s’attarde initialement à poser le bon diagnostic pour établir un plan de match adapté avec le patient. Par la suite, les traitements consisteront notamment à traiter manuellement les structures impliquées : on peut d’une part manipuler les articulations adjacentes, soit celles de la cheville et du genou, en portant également une attention à la hanche et au bassin.

Tel que mentionné précédemment, le chiro pourra également assouplir la musculature de la jambe à l’aide de différentes techniques de thérapie musculaire (pour ne nommer que l’Active Release ou l’IASTM). Évidemment, lors du processus on saura vous accompagner dans la reprise graduelle d’activité physique afin d’éviter les récidives de la blessure tout en vous conseillant sur les bons exercices à effectuer en fonction de votre condition.

En conclusion

N’oubliez jamais que l’élément primordial de la prévention de cette blessure est d’éviter la surcharge et la sur-utilisation de la jambe, surtout à la course ou toute autre activité impliquant des sauts ou des impacts. De plus, rappelez-vous qu’une consultation rapide suite à l’apparition des premiers symptômes est la clé pour maximiser la récupération.

En cas de doute, communiquez avec nous pour répondre à toutes vos questions.